Gauthier Leroy - Dead Dread Design- 25 mai/6 juillet 07

Publié le par Favrel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

"Adossé à la portière de la Dodge, clope à l’oreille et casquette vintage vissé sur sa tête, Gauthier Leroy alias Van Rietog déplie la carte mentale d’une Amérique et construit sa balade…

Un plein de connaissances intellectuelles et artistiques, de l’huile de moteur de recherche…

On the road!

Les plages de son album de voyage défilent à travers une "country" ludique et volubile qui ressuscite des images cultes et culturelles des States version seventies.

Gauthier Leroy piège dans ses sculptures sémiques notre Folklore américain populaire ou savant : d’une pensée empreinte de morceaux épars de nostalgie post adolescente et de références contemporaines, transformée littéralement en socle, il en extrait au gré de son excitation de chercheur de multiples objets signes et de mots clés qu’il mixe ensuite dans des combinaisons et  des arrangements qui font œuvre.

Dans son road movie, Gauthier Leroy roule sur les déviations, regarde défiler les images (un catalogue, un écran, une pochette de disque,..) guidé par l’intuition qu’il a de la voie à suivre. Sa méthode heuristique est proprement l’art de trouver : il est découvreur, chercheur d’or et par esprit d’escalier –ce qu’il appelle "googlisme" - les éléments sortis de leur moule réapparaissent sous la forme d’objet/sculpture complexe.

En customisant les marques de la réalité, Gauthier Leroy décortique des pièces historiques, des mythes ou des objets symboliques de la mémoire collective (le drapeau US, le Dollar) appartenant au design (La Chaise), au langage (Born to lose) ou à la musique du Grand Ouest américain (bottleneck, harmonica), revient à la source des choses, à leur squelette et recréé des prototypes augmentés.

Pour le spectateur, les œuvres deviennent des leurres : oscillant entre reconnaissance et perte, il découvre la panoplie d’un cow boy - esprit bandé et étoiles dans les yeux-, nourri à la Pop,  aux héros de l’art et à tous leurs accessoires. Arrachés au flux d’Internet, à leur contexte, les images à l’instar de la musique sont amplifiées et samplées : l’homme à l’harmonica créés des compositions et des arrangements, s’entourent de membres fantôme (G.W.Bush, C.Eames, America,…), pousse la reverb et l’écho entre les pièces d’origine et ses créations (le Bush et G.W.Bush) et plaque ses accords polyphoniques dans un jeu de  masquage et de démasquage.

Le travail de Gauthier Leroy se sert d’une langue de l’image où chaque pensée, chaque mot produit du voir, bien articulé, presque audible, où chaque partie est au service d’un tout et où le tout nous ramène au détail. Refrain et couplet donnent le ton au discours plastique de l’artiste.

L’exposition Dead Dread Design est comme une galette de cire ou une k7audio autoreverse pleine de greatest hits: elle se lit de titre en titre en suivant le même sillon ou la même bande, les oeuvres deviennent l’instrument d’une narration où se mêlent poétique de l’errance et histoire personnelle de l’artiste.

Dead Dread Design est un road movie en 3D.

Du cinéma indépendant.

Ou un scénario.

Il était une fois dans l’Ouest…"

 

Pascal Favrel – 05/07


La Chaise, Charles Eames, 1948

sorte de ready-made très aidé…

 

 

 

                        invité: BUFFLE (B) - http://buffle.tk

 

 


 

Publié dans 2007

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