production laps / 50°Nord
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Sabrina Montiel-Soto
L'exposition Son of est une tentative d'approche et de dialogue entre la jeune peinture allemande
berlinoise et française autour du travail d'Eugène Leroy. Fils de peut d'abord s'apparenter à une quête
de paternité, mais qu'est-elle réellement?
Quels liens en effet entre les tableaux fabriqués à l'ordinateur de Markus Selg, collages hétérogènes
d'images piochées sur internet, ou les oeuvres structurées et augmentées par l'adhésion de tissus de
Guillaume Bruère et les paysages évanescents construits par la quête de lumière d'Eugène Leroy ?
Quelles potentialités de rapprochement entre l'univers des comics américains consommés et
employés par André Butzer et Andreas Hofer et les nus fugitifs et mouvants de Leroy ? Quelles
possibilités nous offrent les constructions, les amalgames autant sculptées que peintes de Thomas
Helbig ou de Thomas Zipp et les dessins expressifs et vifs de Leroy ?
En effet, point de citation littérale, pas de mise en situation d'oeuvres par rapport à d'autres, au
contraire, Son of… se veut l'expression la plus directe de la peinture et de son processus de
réalisation.
Si chacun de ces artistes trouve en Leroy une figure importante de l'histoire de la peinture, aucun
explicitement ne l'invoque ou ne le signale formellement dans leurs oeuvres. La quête de l'oeuvre et de
la peinture en particulier, dans ce cas là, loin de tout tabous, se construit autour d'une même volonté
de dépasser à la fois l'image et la peinture elle-même. Sans autre apport conceptuel que celui de
devoir "dépasser", "entrer en quête". C’est ce que développe Stephanie Rinke dans l'essai qui est
consacré à l'exposition "Im Schmuddeligen das Licht suchen ", "Dans la saleté, rechercher la
lumière" : en effet leurs oeuvres à tous ont cette caractéristique première à qui ne les a pas encore
regardées et lues, de provoquer un sentiment de recul, d'aversion. Mais tous ont ce point commun
d'offrir et surtout d'ouvrir sur une recherche de la lumière. Comme chez Leroy et aussi chez
Rembrandt, celle-ci pouvant être lue de deux manières, l'une littérale — la lumière est la couleur — et
celle plus conceptuel de recherche de sublimation, rechercher dans la peinture sa propre rémission et
celle du monde.
laps²
une exposition avec
Julien Baete, Stéphane Barthez, Stéphane Benault, Pierre-Yves Brest, Benoît Carpentier, Claude Cattelain, Stéphane Cauchy, Bruno Desplanques, David Flahaut, Emmanuelle Flandre, FM, Xavier Géneau, Vincent Herlemont, Patrice Lemarié, Gauthier Leroy, Hélène Marcoz, Delphine Mazur, Laurence Medori, Grégoire Motte, Nidraged, Dan Ramaën, Sébastien Védis.
Dessin, peinture, sculpture, photographie,
vidéo, installation, enseignes lumineuses,...
soirée performances samedi 10 novembre/20h
Claude Cattelain / David Flahaut / Laurence Medori & Laurent Rigaud
L'Espace le Carré - Lille
angle de la rue des Archives et de la rue de la Halle (Halle aux sucres)
Exposition du 5 octobre au 2 décembre 2007
contact
la petite surface
Pascal Favrel
laps4@wanadoo.fr
+ 00 33 (0)6 79 72 17 93
Ville de Lille
Ville de Faches Thumesnil - Département du Nord - Région Nord Pas de Calais
"Adossé à la portière de la Dodge, clope à l’oreille et casquette vintage vissé sur sa tête, Gauthier Leroy alias Van Rietog déplie la carte mentale d’une Amérique et construit sa balade…
Un plein de connaissances intellectuelles et artistiques, de l’huile de moteur de recherche…
On the road!
Les plages de son album de voyage défilent à travers une "country" ludique et volubile qui ressuscite des images cultes et culturelles des States version seventies.
Gauthier Leroy piège dans ses sculptures sémiques notre Folklore américain populaire ou savant : d’une pensée empreinte de morceaux épars de nostalgie post adolescente et de références contemporaines, transformée littéralement en socle, il en extrait au gré de son excitation de chercheur de multiples objets signes et de mots clés qu’il mixe ensuite dans des combinaisons et des arrangements qui font œuvre.
Dans son road movie, Gauthier Leroy roule sur les déviations, regarde défiler les images (un catalogue, un écran, une pochette de disque,..) guidé par l’intuition qu’il a de la voie à suivre. Sa méthode heuristique est proprement l’art de trouver : il est découvreur, chercheur d’or et par esprit d’escalier –ce qu’il appelle "googlisme" - les éléments sortis de leur moule réapparaissent sous la forme d’objet/sculpture complexe.
En customisant les marques de la réalité, Gauthier Leroy décortique des pièces historiques, des mythes ou des objets symboliques de la mémoire collective (le drapeau US, le Dollar) appartenant au design (La Chaise), au langage (Born to lose) ou à la musique du Grand Ouest américain (bottleneck, harmonica), revient à la source des choses, à leur squelette et recréé des prototypes augmentés.
Pour le spectateur, les œuvres deviennent des leurres : oscillant entre reconnaissance et perte, il découvre la panoplie d’un cow boy - esprit bandé et étoiles dans les yeux-, nourri à la Pop, aux héros de l’art et à tous leurs accessoires. Arrachés au flux d’Internet, à leur contexte, les images à l’instar de la musique sont amplifiées et samplées : l’homme à l’harmonica créés des compositions et des arrangements, s’entourent de membres fantôme (G.W.Bush, C.Eames, America,…), pousse la reverb et l’écho entre les pièces d’origine et ses créations (le Bush et G.W.Bush) et plaque ses accords polyphoniques dans un jeu de masquage et de démasquage.
Le travail de Gauthier Leroy se sert d’une langue de l’image où chaque pensée, chaque mot produit du voir, bien articulé, presque audible, où chaque partie est au service d’un tout et où le tout nous ramène au détail. Refrain et couplet donnent le ton au discours plastique de l’artiste.
L’exposition Dead Dread Design est comme une galette de cire ou une k7audio autoreverse pleine de greatest hits: elle se lit de titre en titre en suivant le même sillon ou la même bande, les oeuvres deviennent l’instrument d’une narration où se mêlent poétique de l’errance et histoire personnelle de l’artiste.
Dead Dread Design est un road movie en 3D.
Du cinéma indépendant.
Ou un scénario.
Il était une fois dans l’Ouest…"
Pascal Favrel – 05/07
J’utilise le médium photographique avec la pensée d’un plasticien et d’un marcheur c’est à dire d’un artiste qui affectionne la lenteur.
J’entreprends depuis plusieurs années des séjours dans différents pays tels que le Maroc, l’Algérie, la Roumanie , la Bulgarie, la Turquie, la Moldavie, l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaidjan, l’Ouzbèkistan, la Chine et l’Inde.
En pratiquant l’errance au travers de territoires aussi différents je cherche à rencontrer des situations et des agencements en correspondance avec ma propre pratique d’atelier.
Mes photographies montrent souvent des objets, des mises en scène trouvées telles quelles qui témoignent de mon désir de faire travailler la dimension fictionnelle contenue dans ces réalités.
Ce sont les pays émergents où en voie de développement qui m’intéressent le plus car ils sont empreints d’un désordre apparent (fait d’une activité humaine intense) et d’une économie multiple productrice d’une diversité qui se manifeste avec une étonnante force plastique.
Mes images sont à regarder comme les fragments d’un scénario qui témoigne de l’inventivité anonyme et quotidienne d’un peuple, signe d’une autre modernité.
Pour Fiat Lux ! , j’ai choisi de présenter deux images issues d’un vaste ensemble réalisé au Maroc. C’est un pays que je connais en profondeur pour y avoir vécu et travaillé pendant 7ans.
Enseigne fait directement écho au dispositif Fiat lux!, en effet cette image montre un assemblage réalisé par un réparateur de pneus. Cette pratique est couramment utilisée pour signaler au bord d'une route une telle activité.
Pour Installation, des tubes de ciment alignés découpent un paysage en pleine mutation et invitent à une méditation sur le futur.